Sunday, February 6, 2011

You thought all was tranquil /
Tu croyais tout tranquille --
Hector de Saint-Denys Garneau


VII

You thought all was tranquil
Everything at peace
And you thought that death was easy

But no, you know I was afraid
I didn't dare make a move
Or hear anything
Or say anything
For fear of waking completely
And I stubbornly closed my eyes
Like one who could not sleep
I stopped my ears with my pillow
And I quavered lest the sleep go away

That I'd already felt withdrawing
The way a door open in winter
Lets out the delicate heat
And brings into the room
The cold that shakes you from your slumber
Whips you
And gives you back awareness sharp as steel

And now

Eyes open eyes of meat too wide open
Attacked looking to get away
Eyes mouths hair
This too-vibrating light
Slicing with its rays
The pallid autumn sky

And my gaze gives frenzied chase
To this splendor leaving
To this brightness escaping
Through the cracks of time

Autumn almost stripped
Moving gold
Of the forest
And now this sunset
Sliding down the horizon
Making me scream in anguish

All these things are being stolen from me

Painfully I hear as faint waves
A shimmering of wind and voices
A symphony already lost already melted
In the shudders of air sliding into yesterday

Eyes heart and hands open
Hands under my eyes fingers splayed
Able to hold nothing
And trembling
In terror of being empty

Now my being awakened
Is like being in a vast stretch
With no shelter
From the deathly chill winds
And my heart of meat is open as a wound
From which escape the torrents of desire
My blood gushing out to the four winds.

---
Hector de Saint-Denys Garneau
translated by George J. Dance

[All rights reserved by the author - used with permission]

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Tu croyais tout tranquille
Tout apaisé
Et tu pensais que cette mort était aisée

Mais non, tu sais bien que j'avais peur
Que je n'osais faire un mouvement
Ni rien entendre
Ni rien dire
De peur de m'éveiller complètement
Et je fermais les yeux obstinément
Comme un qui ne peut s'endormir
Je me bouchais les oreilles avec mon oreiller
Et je tremblais que le sommeil ne s'en aille

Que je sentais déjà se retirer
Comme une porte ouverte en hiver
Laisse aller la chaleur tendre
Et s'introduire dans la chambre
Le froid qui vous secoue de votre assoupissement
Vous fouette
Et vous rend conscient nettement comme l'acier

Et maintenant

Les yeux ouverts les yeux de chair trop grands ouverts
Envahis regardent passer
Les yeux les bouches les cheveux
Cette lumière trop vibrante
Qui déchire à coups de rayons
La pâleur du ciel de l’automne

Et mon regard part en chasse effrénément
De cette splendeur qui s’en va
De la clarté qui s’échappe
Par les fissures du temps

L’automne presque dépouillé
De l’or mouvant
Des forêts
Et puis ce couchant
Qui glisse au bord de l’horizon
À me faire crier d’angoisse

Toutes ces choses qu’on m’enleve

J’écoute douloureux comme passe une onde
Les chatoiements des voix et du vent
Symphonie déjà perdue déjà fondue
En les frissons de l’air qui glisse vers hier

Les yeux le cœur et les mains ouvertes
Mains sous mes yeux ces doigts écartés
Qui n’ont jamais rien retenu
Et qui frémissent
Dans l’épouvante d’être vides

Maintenant mon être en éveil
Est comme déroulé sur une grande étendue
Sans plus de refuge au sein de soi
Contre le mortel frisson des vents
Et mon cœur charnel est ouvert comme une plaie
D’où s’échappe aux torrents du désir
Mon sang distribué aux quatre points cardinaux.

---
Hector de Saint-Denys Garneau (1912-1934)
de Regards et Jeux dans l'espace, 1937


[Poem is in the public domain in Canada and the European Union]

Hector de Saint-Denys Garneau biography

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