Saturday, February 5, 2011

What can we do / Qu'est-ce qu'on peut --
Hector de Saint-Denys Garneau



What can we do for our friend
Over there so far
Beyond arm's length

What can we do for our friend
Who suffers endless pain

What can we do for our heart
That worries and laments

What can we do for our heart
That leaves us for a journey all alone

Why, we can look at where we are
As a child who voyages by sea

From atop the cliff where we are
As a child who takes a vessel

As a boat that goes to sea
For a journey to the end of the wind

For a journey in blazing sun
But the sea sounds already stifled

And the backwash beats down more heavily
And the journey is into the storm

And when all the sea thunders
And the wind moans in the rigging

The vessel is only a groan 
And the child is only agony

And from our cliff
We look upon the sea

And our arms hang at our sides
Like useless oars

Our suffering gaze on the sea
Like large hands of pity
Two poor hands that do nothing
That know everything and can do nothing

What can we do for our heart
Child voyaging all alone
When the sea rips open our eyes.

---
Hector de Saint-Denys Garneau
translated by George Dance

[All rights reserved]

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Qu'est-ce qu'on peut pour notre ami
au loin là-bas
à longueur de notre bras

Qu'est-ce qu'on peut pour notre ami
Qui souffre une douleur infinie.

Qu'est-ce qu'on peut pour notre coeur
Qui se tourmente et se lamente

Qu'est-ce qu'on peut pour notre coeur
Qui nous quitte en voyage tout seul

Que l'on regarde d'où l'on est
Comme un enfant qui part en mer

De sur la falaise où l'on est
Comme un enfant qu'un vaisseau prend

Comme un bateau que prend la mer
Pour un voyage au bout du vent

Pour un voyage en plein soleil
Mais la mer sonne déjà sourd

Et le ressac s'abat plus lourd
Et le voyage est à l'orage

Et lorsque toute la mer tonne
Et que le vent se lamente aux cordages

Le vaisseau n'est plus qu'une plainte
Et l'enfant n'est plus qu'un tourment

Et de la falaise où l'on est
Notre regard est sur la mer

Et nos bras sont à nos côtés
Comme des rames inutiles

Nos regards souffrent sur la mer
Comme de grandes mains de pitié
Deux pauvres mains qui ne font rien
Qui savent tout et ne peuvent rien

Qu'est-ce qu'on peut pour notre coeur
Enfant en voyage tout seul
Que la mer à nos yeux déchira.

---
Hector de Saint-Denys Garneau
from Regards et Jeux dans l'espace, 1937

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